Les Chambres d’Agriculture se sont associées à l’échelle du bassin Rhin-Meuse pour proposer un programme d’actions cadre visant à préserver et améliorer les ressources en eau du bassin, s’inscrivant dans les priorités du 12ème programme de l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse et dans la continuité du précédent programme
Ce programme d’actions s’inscrit dans un contexte d’évolutions climatiques conséquentes nécessitant le développement de solutions permettant d’atténuer leurs effets et de s’y adapter. L’agriculture est en effet largement tributaire du climat et peu épargnée par ce changement climatique qui affectent toutes les productions. Les effets du changement climatique se ressentent à la fois sur les pratiques et les résultats économiques des exploitations, mais impactent également les efforts faits par les agriculteurs en termes d’évolution de pratiques. En effet, les améliorations constatées voilà quelques années sur la pollution par les nitrates sont aujourd’hui contrecarrées par des à-coups climatiques répétés et sans précédents. C’est dans cet objectif de participer à la lutte contre le changement climatique, afin de préserver les ressources en eau et la compétitivité de l’agriculture que les Chambres d’Agriculture du Grand Est proposent un programme d’actions partagé et ambitieux.
Ce programme se décline à différentes échelles territoriales et en fonction du porteur de projet :
L’ensemble du programme d’actions se décline en plusieurs fiches actions et bénéficie du soutien de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse.
En 2024, les Chambres d’agriculture signent le Plan Bio 2023-27 avec la DRAAF, la Région, les Agences de l’Eau Rhin-Meuse, Seine-Normandie et Rhône-Méditerranée-Corse et Bio en Grand Est. C’est l’aboutissement d’une année de travail entre les Chambres d’agriculture et Bio Grand Est, en concertation avec les autres signataires du Plan Bio. Ce plan définit les objectifs de développement de la bio (14% de fermes et 11% de SAU bio en 2027) et décrit les axes de travail pour permettre les conditions à un nouvel essor de la bio dans notre région. Ce Plan souligne l’importance de sécuriser le marché en relançant la consommation et de maintenir un taux de déconversion des fermes en dessous de 5%.
Au sein des Chambres d’agriculture du Grand Est, 50 conseillers accompagnent les agriculteurs en amont du passage en bio et tout au long du projet bio, sans compter les conseillers spécialisés qui accompagnent et participent tout aussi bien au projet d’un agriculteur bio ou non bio (transmission, installation, bâtiment, diversification, développement local, énergie, carbone...).
Les priorités des Chambres d’agriculture tiennent compte d’un contexte de la bio fortement perturbé. La consommation bio baisse depuis 2021 en France ce qui impacte directement la production avec des prix à la baisse et des déclassements de produits dans toutes les filières. Les agriculteurs s’interrogent sur l’avenir de leur ferme en bio ; ils sont en demande forte d’appui dans leur réflexion.
Les enjeux d’aujourd’hui pour l’agriculture bio sont de :
Aussi, il est primordial d’assurer le suivi des exploitations pour la durabilité de ces systèmes ;
Les actions menées s’inscrivent dans le cadre des 6 axes du plan bio décliné au niveau Grand EST ; elles intègrent des compétences du service agronomie environnement, du service économie élevage et du service collectivités de la Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle
Les axes de travail retenus par la Chambre d’agriculture 54 sont :
Les prairies assurent une multitude de services écosystémiques sur les territoires. La production de biomasse (fourrages, énergie) est le plus connu. Au-delà de ce service de production, elles jouent des rôles clés sur le plan écologique (filtration, inondations/érosion, biodiversité, stockage de carbone) et socioculturel (chasse, paysage, tourisme).
Au regard de l’enjeu Eau, ces surfaces constituent un levier majeur de préservation des ressources du fait du faible recours aux intrants et des services de filtration et de protection des masses d’eau.
Malgré l’intérêt incontestable des prairies pour les territoires et pour la qualité des eaux souterraines et superficielles, celles-ci régressent sur le bassin hydrographique Rhin-Meuse (-41 % des surfaces de prairies entre 1970 et 2010 sur le bassin, au profit de surfaces en grandes cultures) du fait des difficultés
rencontrées par les systèmes d’élevage sur les plans économiques (volatilités des prix des produits et des charges), sociaux (astreintes et pénibilité du travail, agribashing) et sociétaux (baisse globale de la consommation de produits animaux dans la société). A ce contexte défavorable s’ajoutent les aléas climatiques qui impactent fortement la productivité des élevages.
Le maintien de ces surfaces est un enjeu crucial de la préservation de la qualité des masses d’eau et de l’équilibre des territoires.
Depuis 2015, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse a développé un certain nombre d’outils afin de préserver les surfaces en herbe et les systèmes d’élevage herbagers en ciblant les aides sur les secteurs à enjeux pour l’eau et la biodiversité. Les Chambres d’agriculture accompagnent les exploitants dans la stratégie d’intervention de l’Agence de l’eau pour soutenir les systèmes herbagers qui s’est construite par un enrichissement progressif d’outils divers constituant le socle du « Plan herbe ».
Sur les zones à enjeux du bassin Rhin-Meuse, sur des territoires prioritaires, la mise en place d’un « Plan Herbe » vise à élaborer un nouveau type de projet de territoire, multi-partenarial et spécifique au soutien de l’élevage à l’herbe et des prairies.
L’herbe constitue un atout indispensable pour la multi-performance des territoires, l’équilibre et la résilience des exploitations agricoles particulièrement dans le contexte de changement climatique. Dans cet état d’esprit, les Chambres d’Agriculture ont à cœur de viser les objectifs suivants :
Actions de références
Pour asseoir la mise en place des plans herbe, il est nécessaire de conforter et développer les références initiées au sein du groupe régional « Herbe&Fourrages » qui réunit divers partenaires (Chambres d’Agriculture, Alysé, Arvalis-Institut du végétal, AgriVair) et associe des compétences en agronomie environnement et élevage en raison de la transversalité de valorisation des ressources fourragères. En application, nous proposons les actions suivantes :
Le suivi régional de pousse de l’herbe s’accompagne depuis 2024 du suivi national de pousse de l’herbe qui vient renforcer l’outil satellitaire utilisé pour le système assurantiel prairie.
Emergence et animation de plans herbe et CTEC
Sur les zones à enjeux du bassin Rhin-Meuse, sur des territoires prioritaires, la mise en place d’un « Plan Herbe » vise à élaborer un nouveau type de projet de territoire, multi-partenarial et spécifique au soutien de l’élevage à l’herbe et des prairies.
Ces plans herbe ont pris la forme de contrat de territoire, comme sur le bassin versant du Rupt de Mad, à travers l’action Mad’In L’Eau Reine
Ces actions s’articulent autour de 3 grands axes
Chaque territoire doit définir les actions spécifiques à mettre en œuvre ; la demande au sein du schéma qualité de l’eau concerne l’animation collective agricole des plans
herbe et CTEC, les actions individuelles, telles que les audits d’exploitation faisant l’objet d’appel d’offres par la collectivité porteuse
CTEC RUPT de MAD , Mad’In L’Eau Reine
La Chambre d’agriculture assure l’animation agricole du CTEC en incitant les agriculteurs à s’engager vers des productions à bas niveau d’impact, incluant l’herbe , le bio et les cultures BNI
Elle anime le groupe filières qui intègre le SERM, la SME, Metz Métropole, CC Mad et Moselle et Côtes de Meuse Woëvre, le PNRL , contribue à rechercher des dispositifs financiers adaptés (MAE, PSE, ORE,...) permettant d’accompagner les agriculteurs vers les systèmes à bas niveau d’impact et les promouvoir en lien avec SERM/SME , elle développe des volets « transmission » et « foncier » qui permettent de garantir la pérennité des systèmes de cultures à bas niveau d’impact en lien avec SERM/SME...
Emergence de 2 plans herbe : « vallée de Moselle » (territoire du Pays Terres de Lorraine) et « Vallée de Meurthe » (territoire du Pays du Lunévillois)
Pilotés par le CD54, la Métropole du Grand Nancy, les Pays et les EPCI, ces 2 plans herbe sont en phase d’émergence.
Sur ces 2 territoires, le maintien de l’herbe est une priorité partagée par tous les acteurs : l’accès à l’eau pour l’élevage et l’adaptation des systèmes de polyculture élevage aux évolutions climatiques sont essentiels pour répondre à cette priorité.
CTEC ESCH - REINE - TREY
Ce CTEC, en cours d’élaboration, devrait se concrétiser en 2025 ; le projet s’articule autour de 5 axes :
L’approche de “la bonne culture au bon endroit” est abordée dans nos travaux sous l’angle du système de cultures à bas niveau d’impact dans une logique de maintien des performances économiques. C'est ainsi que depuis plusieurs années, les travaux des Chambres d’agriculture visent à évaluer et développer ce type de système à travers différentes approches : travaux sur les cultures énergétiques et cultures à vocation biomatériaux (miscanthus, chanvre, silphie, CIVE, ...), expérimentations et approches technico-économiques sur les légumineuses à graines et les légumineuses fourragères, études de systèmes se passant intégralement de produits phytosanitaires (réseau 0 phyto), réflexions sur les filières et la valorisation des productions (à travers notamment les projets AMI filières).
Fortes de leur connaissance des acteurs du monde agricole et agroalimentaire, de leur expérience dans le développement des circuits courts, de leur expertise technico-économique et de leur veille toujours active sur le développement des biotechnologies, les Chambres d’Agriculture du Grand Est souhaitent favoriser l’émergence de projets par les collectivités ou les opérateurs économiques.
Selon les secteurs et les systèmes d’exploitation, le développement de systèmes de cultures BNi est plus ou moins aisé. Les systèmes d’élevage et les systèmes intégrant un débouché méthanisation permettent notamment d’offrir des débouchés à des cultures BNi qui n’existent pas dans les systèmes céréaliers. On peut donc distinguer les systèmes de cultures BNi fourragers et les systèmes de cultures BNi de vente qui amène à une dynamique et des travaux différents selon les secteurs du bassin.
Les axes d’intervention de la Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle sont les suivantes :
La préservation des zones sensibles que sont les aires d’alimentation de captages SDAGE et les Bassins Versants à risque d’érosion suppose une modification de l’occupation des sols (implantation de cultures à Bas Niveau d’Impact) impactante pour les exploitations concernées. Cette démarche trouve donc ses limites auprès d’exploitations dans l’impossibilité technique ou économique de modifier profondément leur système de cultures, mais également dans les ruptures de trajectoires d’exploitation (arrêt et session / installation d’un nouvel exploitant).
Par ailleurs, une projection des tendances observées de 2011 à 2018 permet donc d’estimer qu’un exploitant sur deux est susceptible d’arrêter son activité d’ici 2029.
Maintenir les exploitations et renouveler les générations est un enjeu fort pour l’agriculture locale et pour les territoires. En effet, l’impact peut se faire sentir sur les changements de pratiques opérés si les repreneurs ne perpétuent pas les efforts engagés. Conscientes de cet enjeu primordial pour l’économie, le dynamisme des territoires et la préservation de la qualité de l’eau, les chambres d’agriculture proposent de réaliser un repérage agricole territorial des cédants sur les zones de captage dégradées.
Cette phase prospective est conduite auprès des futurs cédants âgés de 55 ans et plus sur le territoire avec les objectifs suivants :
Par cette mission, la Chambre d'Agriculture a pour objectif de sensibiliser les territoires à cet enjeu de renouvellement des générations en agriculture et de travailler avec eux sur une dynamique à mettre en place pour maintenir des territoires ruraux vivants.
De la même façon, le point info installation accompagne l’installation des jeunes agriculteurs dans leur projet, en reprise ou en création d’activité́.
L’installation et la transmission sont des phases clés au cours desquelles les chambres d’agriculture sont en contact rapproché avec les exploitants et peuvent être des moments de sensibilisation aux enjeux EAU en identifiant des opportunités d’évolutions en phase avec ces enjeux dans une logique d’anticipation.
Il parait judicieux de cibler cette action sur les territoires des futurs « plans herbe » Vallée de Moselle et de Meurthe en la portant sur plusieurs années au vu de l’étendue du territoire.
La sensibilité pédologique, les évolutions de l’agriculture et l’aménagement du territoire entrainent des contraintes plus ou moins fortes sur les milieux accentués par les évolutions climatiques : qu’il s’agisse des phénomènes d’érosion, de coulées de boues, de gestion du drainage et d’impacts sur la qualité physique du lit mineur et du lit majeur d’un cours d’eau, les enjeux pour les territoires et pour l’agriculture sont bien présents et reconnus de tous.
Aussi conscientes de ces enjeux, les Chambres d’Agriculture se sont, depuis quelques années, réappropriées ces thématiques, avec notamment un rôle essentiel des Chambres Départementales d’Agriculture dans l’interface entre les collectivités et les agriculteurs.
La Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle s’implique dans les actions suivantes :
2 axes d’actions sont retenus :
L’action se décline en 3 volets principaux :
La réalisation de ces missions est faite majoritairement par le service agronomie-environnement. Certaines actions nécessitent de faire appel à des compétences spécifiques, des expertises par des collaborateurs des autres services, à savoir :